La première semaine scolaire

L’importance de tisser des liens et de procurer de la sécurité affective


Écrit par Colleen Drobot (7 septembre 2011)

Traduit par Nathalie Malo CLIQUEZ ICI pour télécharger cet article en format pdf

Mes enfants n’arrivaient pas à dormir la nuit dernière, et ce matin était le début de leur année scolaire. Il ne va pas sans dire que leur corps et leur esprit n’étaient pas en état de vivre cette transition. Lorsque mon mari et moi étions sur le point d’éteindre notre lumière afin de s’endormir, j’ai entendu la petite voix de ma fille de 9 ans s’écrier : « Je ne m’endormirai jamais! » Ensuite, mon fils de 13 ans a répliqué : « Moi, non plus! Je vais rester éveillé jusqu’à trois heures du matin! » Ils se sont finalement endormis après avoir été réconfortés et rassurés. En début de soirée, nous avions remarqué qu’ils étaient à la fois enthousiastes et anxieux à la perspective de la rentrée scolaire. En effet, l’inconnu entraîne de l’inquiétude et de la peur, et c’est pourquoi de nombreux enfants et adolescents se posent les questions suivantes : « Est-ce que je vais aimer mon professeur? Est-ce que je vais être capable d’accomplir les tâches qui me seront assignées? Est-ce que mes amis seront dans ma classe? Est-ce que je vais réussir cette année? » Pour des élèves plus âgés, le questionnement peut ressembler à ceci : « Est-ce que je vais être en mesure de trouver mes salles de cours? Est-ce que je vais me faire de nouveaux amis? Est-ce que je vais bien m’intégrer? »


Ce matin, j’écoutais une émission de radio lors de mon trajet pour me rendre à l’école où j’enseigne une journée par semaine. Ils questionnaient le directeur d’une des écoles secondaires de la région en vue de connaître le déroulement de la première journée d’école pour des élèves de 8ème année. Je dois spécifier que je demeure à Vancouver, au Canada, où la majorité des écoles secondaires accueillent les enfants de la 8ème à la 12ème année. Ainsi, il est compréhensible que l’élève qui fait son entrée en 8ème année dans une de ces écoles, se sent déstabilisé de se trouver soudainement dans un univers qui lui est inconnu. J’avoue avoir été particulièrement impressionnée par les propos tenus à la radio sur la manière dont cette école assumait la transition pour les jeunes adolescents. Le directeur de l’école a convenu que le passage dans une nouvelle école peut être une expérience troublante pour de nombreux élèves de 8ème année. Conséquemment, le personnel de cette école aurait travaillé sans relâche de manière à concevoir une stratégie qui faciliterait l’intégration des enfants à leur nouvelle réalité académique.


Plutôt que de demander aux élèves de 8ème année de se présenter à l’école afin de trouver leur nom sur une liste ainsi que leurs salles de classe, le personnel de l’école s’est organisé pour que les enfants de la 9ème à la 12ème année viennent le matin, et que ceux de la 8ème année arrivent en après-midi, et ce, de façon que ces derniers ne se sentent pas bouleversés par le fait d’être plongés dans un océan de pairs qui sont plus âgés qu’eux. De plus, l’année dernière, des conseillers ont travaillé de concert avec un groupe d’élèves de la 11ème et de la 12ème année de manière à servir « d’intermédiaire » pour les nouveaux élèves qui ont débuté cette année. Les enfants plus âgés rencontraient les élèves de 8ème année au gymnase afin de créer des petits groupes où ils procédaient à des exercices de consolidation d’équipe. Subséquemment, lorsque l’un des petits groupes se sentait préparé, les élèves plus âgés accompagnaient ceux de 8ème année, qui faisaient partie de leur groupe, à leur salle de classe, et ils restaient avec eux pour le reste de la journée. Le directeur a mentionné qu’il a observé une diminution progressive du taux d’absentéisme et de vandalisme suite à l’introduction de ce type de mesures où les élèves sont encouragés à se sentir en sécurité, respectés et accueillis. En outre, il considérait également que ces pratiques contribuaient à ce qu’ils aient une meilleure performance académique. En réalité, les enfants ont tendance à mieux réussir quand ils se plaisent à l’école et qu’ils éprouvent un sentiment d’appartenance.


Ce directeur et ce personnel visionnaires ont compris que les enfants doivent, au préalable, se sentir en sécurité et pris en charge pour qu’ils puissent apprendre et grandir. Tel que cité par le docteur Neufeld : « Toute croissance provient d’un lieu de quiétude ». D’autre part, les recherches en neurosciences nous démontrent que le stress peut entraver l’apprentissage, que ce soit auprès des animaux ou des humains. En effet, je crois que nous pouvons envisager qu’il est ardu de penser clairement ou d’être efficace quand nous sommes inquiets, affolés ou préoccupés. En outre, les enseignants chevronnés conçoivent parfaitement ce principe et ils prennent les mesures appropriées afin de créer un contexte dans lequel leurs élèves peuvent se sentir à l’aise, et par conséquent, enclins à accorder leur fidélité et leur cœur. En de telles conditions, ces professeurs pourront transmettre leur sagesse et leurs connaissances aux élèves.


Le directeur de cette école secondaire de Vancouver a également observé que dans le cadre du premier jour d’école, certains parents hésitaient à quitter leurs jeunes adolescents, et ce, en raison de la nouveauté de la situation et du stress que celle-ci peut occasionner. Par ailleurs, il a précisé que le personnel invite les parents à se rendre au gymnase plutôt que de leurs demander de quitter dès leur arrivée. De ce fait, ils peuvent demeurer sur les lieux et se retirer au moment où ils perçoivent que leurs enfants se portent bien et qu’ils sont entre de bonnes mains. De nouveau, j’ai été impressionnée par la façon dont cette école a géré cette situation, soit faire le « relais du bâton de l’attachement », tel que mentionné par le docteur Neufeld. En réalité, il advient que des enfants et des adolescents se sentent angoissés à l’idée d’être séparés de leurs parents ou d’adultes auxquels ils éprouvent un attachement. Or, toutes les parties impliquées bénéficient de la collaboration entre de nouveaux enseignants et des élèves plus âgés, et ce, en vue d’accueillir et d’instaurer une atmosphère rassurante qui suscite la confiance, de même qu’un état de dépendance des élèves de 8ème année. De plus, une telle manière de procéder éveille de merveilleux instincts de bienveillance auprès des élèves plus âgés, qui travaillent assidûment dans le but de créer un environnement sécuritaire pour leurs cadets. En outre, en tirant profit de la hiérarchie générationnelle naturelle entre les enfants de 8ème année et leurs aînés, nous examinerons une nette amélioration des conditions pour toutes les personnes concernées. Il faut spécifier que de nombreuses écoles primaires appliquent déjà cette stratégie avec brio en combinant des « classes de jumelage » d’élèves plus âgés avec celles d’élèves plus jeunes.


Nous avons remarqué la création de liens d’attachement indispensables aux relations élève-enseignant lorsque les éducateurs et le corps professoral interviennent pour orienter les élèves, leurs offrir un point de repère et les inviter à se référer à eux quand ils ont besoin d’aide. Conséquemment, il serait avantageux que cette stratégie devienne une priorité dans nos écoles de manière à établir des réseaux d’échange entre le personnel et les parents, le personnel et les élèves, et les élèves plus âgés et leurs cadets. En effet, les enfants et les jeunes qui se sentent adéquatement pris en charge deviennent des élèves attentionnés et affectueux. En premier lieu, nous devons tenir compte des besoins émotionnels de nos élèves. Ensuite, dans la foulée de la quiétude émotionnelle et psychologique, nous détenons une meilleure probabilité de développer un système d’éducation qui favorise l’émergence d’élèves qui sont attentionnés, indépendants et passionnés.



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